PRESENTATION

par Michèle PELLEVILLAIN  -  12 Janvier 2020, 19:57

Réponse à la question : Quelle est votre démarche ?

Si je souhaitais évacuer rapidement cette interrogation avec humour, je pourrais répondre : "je ne crois pas avoir une démarche aisée, digne et majestueuse. J'ai plutôt le pas modeste et un tantinet embarrassé. Je n'aime pas non plus que s'attache à ce terme de "démarche" des idées de sollicitations ou de tractations. Ma réponse sera donc : je n'ai pas de démarche, tout au plus un chemin qui me conduit lorsque j'ai une émotion à la réalisation d'une gravure.

Ce chemin a pour racine l'enfance et un père exceptionnel, créateur s'il en fut, exigeant et perfectionniste, constructeur de notre maison, de ce qu'elle contenait, jusqu'au lave linge et ustensiles de cuisine, constructeur aussi d'une automobile, quelque peu violoniste et s'adonnant à la peinture après sa retraite. Ainsi en toute modestie, je peux dire avoir hérité génétiquement d'un petit talent manuel. C'est de mon père certainement que je tiens la capacité de maîtriser le geste et de respecter une éthique.

Mon inné explique sans doute l'orientation vers un art allié à la technique, mais l'acquis à sa part avec les années de Fac, une maîtrise d'art plastique, des cours de dessin, de peinture puis de gravure à l'Ecole des beaux arts de la Ville de Paris, place des Vosges, une activité de copiste au Louvre que je ne renie pas, des cours de burin au Greta de l'école Boulle (merci à Marc Robert), et, même si la vie ne m'accordait parfois que peu de temps pour peindre ou graver, un travail personnel jamais abandonné.

Ensuite il faut l'audace de se confronter au public, mais recevoir des récompenses (prix, médailles, sélections) encourage à poursuivre son chemin.

Pignon disait ...."L'artiste ne sait pas faire. Il veut atteindre une chose qu'il perçoit vaguement. Il s'achemine vers une certaine solution... Il y a surtout une question de travail, de gens qui sont capables de faire une somme de travail plus aisément que d'autres parce qu'ils ont appris à travailler, et que pour eux le travail est une nécessité."

C'est exactement cela pour moi, comme ce l'était pour mon père : le travail est une nécessité. Je ne suis pas une "artiste", je me sens plus proche de la liberté de l'artisan qui ne dépend que de son travail.

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